Photographe plasticien, né à Paris en 1983. Son travail mêle immersion documentaire et recherche conceptuelle.
Pierre-Elie de Pibrac vit dans un pays pendant 8 mois avant d'en photographier les habitants. Le Ballet de l'Opéra de Paris en 2013. Cuba pour Desmemoria, Prix Levallois 2018. Le Japon pour Hakanai Sonzai, Taylor Wessing Portrait Prize 2021. Son œuvre est exposée internationalement.
Pour vous, il nous a ouvert les portes de son laboratoire.
SON GESTE
La méthode ne varie pas d'un projet à l'autre. Partir avec Olivia, sa femme, et leurs trois enfants. Arriver, s'installer, prendre le temps. "Ressentir d'abord, comprendre les personnes qui nous entourent, mettre en place une situation de confiance et à partir de là, réaliser des mises en scène."
Les kilomètres sont une unité de travail : 28 000 parcourus au Japon, 24 000 en Israël. La géographie est une condition. On ne photographie pas un pays depuis l'extérieur.
Dans le studio, le registre change selon ce que le sujet exige. Argentique ou numérique. Noir et blanc ou couleur. Parfois "presque confondre la photographie avec un dessin à l'encre de Chine." La forme obéit au projet.
MONTRER PAR L'ABSENCE
Chaque série repose sur le même principe : "montrer plus par l'absence que par ce qui est présent, parler du pays d'une manière originale, différente."
Pierre-Elie construit une trilogie anthropologique autour de cette intention. Hakanai Sonzai au Japon. Israël, en cours, troisième volet.
Un lieu différent à chaque fois. Le même retrait. Une résonance immédiate avec l'imaginaire de Tricot.
LE LABO
Au laboratoire, Pierre-Elie travaille avec Thomas Consani. Quinze ans ensemble. Le tirage argentique prend du temps. Thomas ajuste l'exposition, Pierre-Elie observe, ils recommencent. Pas de raccourci. La lumière rouge, le papier dans le bain, l'image qui apparaît lentement.
ET MAINTENANT
Israël avance. Le troisième volet de la trilogie. À la fin, un livre.
"Dans la photographie, c'est vraiment l'objet le plus important et le plus abouti."